Les 5 principaux défis rencontrés par les Chief Data Officers
Toute entreprise ayant pour ambition de devenir data-centric a besoin d’un Chief Data Officer dont le rôle est de garantir à chaque utilisateur un accès immédiat aux informations dont il a besoin. Découvrez les défis auxquels il est confronté, et quelles sont les stratégies et technologies à adopter pour les surmonter.
Face à des volumes de données croissants et la nécessité d’exploiter ces données pour créer de la valeur, le rôle du Chief Data Officer (CDO) n’a jamais été aussi important. Alors qu’en 2012, seulement 12 % des entreprises du classement Fortune 1000 comptaient un CDO, ce pourcentage dépasse aujourd’hui les deux tiers et continue de progresser. Les CDO sont désormais plus expérimentés et accèdent de plus en plus à des postes de direction, au centre de la transformation numérique et du déploiement de technologies comme l’IA générative.
Le rôle de CDO demeure complexe et recouvre de nombreux domaines et compétences. Il reste souvent mal compris par les autres services de l’entreprise, et les responsables data sont soumis à une pression croissante et de nombreuses difficultés. Découvrez dans cet article, inspiré de notre guide du CDO, les principaux défis auxquels ils sont confrontés et les moyens de les surmonter.
Les 5 principaux défis rencontrés par les Chief Data Officers
Un manque de temps et de ressources
Les organisations comprennent qu’elles doivent adopter une approche data-driven pour renforcer leur avantage concurrentiel. Les CDO sont donc pressés de fournir des résultats rapidement, surtout dans un contexte d’essor de l’IA, qui repose sur des données de qualité, accessibles et fiables pour générer des résultats. Cependant, ils doivent souvent partir de zéro pour établir un programme, constituer une équipe aux compétences spécialisées ou mettre en place une infrastructure capable de gérer des volumes croissants de données de nature diverse. Les ressources peuvent être limitées, la qualité des données insuffisante, et il manque parfois des processus pour collecter, enrichir, gérer et partager les données de manière efficace. Souvent, il est nécessaire d’investir dans des solutions technologiques à long terme qui ne généreront pas immédiatement de résultats.
Un rôle et des responsabilités aux contours mal définis
Cette fonction étant relativement nouvelle, il n’existe pas de descriptif de poste standard pour un CDO. Ses fonctions peuvent recouper celles d’autres postes de direction tels que DSI, Directeur du Digital ou Directeur IA plus récemment. Les responsabilités exactes du CDO peuvent donc être ambiguës pour les autres fonctions de l’entreprise, d’autant que les données sont produites à travers toute l’organisation, avec un risque de cloisonnement entre services. Les dirigeants peuvent également avoir des attentes irréalistes et exiger des résultats immédiats, accentuant ainsi la pression sur les responsables data.
Le rôle du CDO comprend des activités réactives (comme assurer la conformité réglementaire) et proactives (telles que promouvoir l’usage des données ou lancer de nouveaux services data). Trouver le bon équilibre entre ces deux dimensions peut être complexe, et les CDO doivent également démontrer la valeur ajoutée de chaque aspect auprès des autres services. Le poste requiert donc des compétences commerciales, techniques, de communication et de gestion du changement, les CDO devant savoir motiver et convaincre en interne de l’importance des données pour renforcer la compétitivité de l’entreprise, tant sur le plan stratégique que tactique.
Des exigences de conformité et de gouvernance incontournables
Les CDO ont pour responsabilité principale de garantir la conformité avec des réglementations telles que le RGPD et le CCPA. Pour ce faire, ils ont besoin d’une vue d’ensemble et d’un inventaire complet des données de l’organisation, ainsi que de la manière dont elles sont générées, stockées et sécurisées, ce qui demande du temps à mettre en place. Les CDO se voient donc souvent obligés de privilégier la gouvernance au détriment de l’innovation, et sont alors considérés comme un centre de coûts plutôt que comme une ressource contribuant à la croissance de l’entreprise. Le risque est également que les services et les équipes dirigeantes n’adhèrent pas aux programmes de gouvernance en les considérant comme une tentative de leur imposer des règles et processus bureaucratiques, ce qui limite alors l’engagement et affaiblit le rôle du CDO.
Une pression élevée pour obtenir des résultats
Les entreprises comprennent de plus en plus l’importance de la data dans leurs opérations, tout particulièrement face à l’essor de l’IA. En revanche, les dirigeants n’évaluent pas forcément bien le volume de travail nécessaire pour garantir que les données sont fiables, de qualité et qu’elles génèrent une véritable valeur ajoutée. Cela se traduit par des attentes irréalistes, et une pression croissante sur les CDO pour qu’ils obtiennent des résultats à court et à moyen terme. Les CDO doivent être en mesure d’industrialiser à grande échelle l’utilisation des données, et doivent donc prioriser les cas d’usage qui génèrent tout de suite du ROI afin de créer de l’adhésion et d’attirer de nouveaux financements.
Des organisations souvent immatures en matière de données
En matière de data, de nombreuses organisations manquent de maturité technologique et culturelle. Malgré des investissements conséquents, leur infrastructure technologique reste souvent incomplète, les données n’étant accessibles et utilisables que par des experts techniques, ce qui réduit leur intérêt et empêche de les partager à plus grande échelle.
Sur le plan de la culture d’entreprise, de nombreuses organisations (et employés) n’ont pas confiance dans l’utilisation et le partage de données dans le cadre de leurs activités quotidiennes. Le cloisonnement des services freine la collaboration et peut se traduire par une mentalité hostile au partage de données, alors même que cela créerait de la valeur pour l’entreprise. Sur le plan individuel, il est peu probable que les collaborateurs d’une entreprise possèdent tous les compétences nécessaires pour trouver, comprendre et réutiliser des données brutes. Et même s’ils trouvaient des données potentiellement utiles, ils ne seraient pas forcément sûrs de leur fiabilité ou qu’elles répondent à leurs besoins.
Bonnes pratiques à l’usage des Chief Data Officers
Les CDO sont confrontés à de nombreux défis pour obtenir les résultats souhaités. Cependant, à mesure que la fonction évolue, un nombre croissant de bonnes pratiques ont émergé et peuvent aider les CDO à mieux piloter leurs programmes.
Voici les plus importantes :
Fixez des attentes réalistes
Optimiser l’utilisation et l’impact des données est un voyage et non une destination. Entre le volume de données en lui-même, la diversité des sources et la rapidité avec laquelle de nouvelles données sont publiées, il faudra du temps pour maîtriser les données de l’organisation et obtenir des résultats. Les CDO doivent donc proposer des objectifs réalistes et les faire accepter par la direction et les responsables de service, en expliquant ce qui peut être réalisé à court, moyen et long terme.
Favorisez avant tout la collaboration
L’un des freins principaux n’est pas d’ordre technique, mais organisationnel, les différents services se repliant sur leurs propres données au lieu de vouloir les partager à plus grande échelle. Il est donc essentiel de faire adhérer et participer l’ensemble des équipes à une stratégie de données commune qui respecte et intègre les besoins des différents services, tout particulièrement en l’absence d’un service central (ce dont souffrent beaucoup de CDO). Les CDO doivent jouer le rôle de chef d’orchestre, en rappelant aux propriétaires de données les objectifs de l’entreprise.
Misez sur des cas d’usage spécifiques
Les CDO ont besoin de démontrer leur efficacité et celle de leur stratégie en obtenant rapidement des résultats. La meilleure manière d’y parvenir est de choisir les bons cas d’usage. En proposant des solutions aux problèmes fréquemment rencontrés dans l’entreprise, ces premiers projets généreront immédiatement du ROI et de l’enthousiasme de la part des différents services. Cela permettra ensuite de débloquer de futurs budgets avec le soutien de la direction.
Boostez l’efficacité et la productivité
Optimisez les ressources existantes en automatisant autant que possible la collecte, la gestion et la diffusion des données. Optez pour des outils faciles à utiliser, nécessitant peu de maintenance, afin que les équipes puissent se concentrer sur la création de valeur et encourager les utilisateurs à partager davantage les données.
Déployez un stack technologique complet
La majorité des organisations ont massivement investi dans leur système d’information. Mais si elles disposent des outils technologiques pour collecter, cataloguer et traiter les données, la plupart n’offrent pas de système permettant de facilement partager les données avec des employés sans expertise technique. Mettre en place une solution de portail de données qui prend en charge le « dernier kilomètre » permet non seulement d’utiliser les données à grande échelle, mais aussi d’améliorer le ROI du stack technologique dans son ensemble.
Utilisez la gouvernance des données comme moteur de croissance
La gouvernance des données est trop souvent considérée comme une fonction réactive et policière, et peine à démontrer sa valeur à l’ensemble de l’entreprise. Impliquez l’ensemble de l’organisation en montrant les avantages de la gouvernance, en particulier la manière dont la granularité des droits d’accès associe sécurité et conformité à la capacité de fournir des données sans effort à ceux qui en ont besoin, par le biais de portails de données.
Formez et responsabilisez les collaborateurs
De nombreux employés se méfient des données, soit parce qu’ils ne sont pas sûrs de ce qu’elles recouvrent réellement, soit parce qu’ils n’ont pas les compétences techniques nécessaires pour obtenir et exploiter les données brutes. Offrez-leur une totale autonomie et la possibilité de partager des données via un portail de type e-commerce en self-service. Il permettra aux utilisateurs de découvrir facilement les données pertinentes et fiables dont ils ont besoin pour leur activité, disponibles sous différents formats, tels que des visualisations de données, des tableaux de bord ou des API qui répondent à leurs besoins spécifiques.
Adoptez une démarche d’amélioration continue
Les CDO doivent comprendre comment leurs données sont utilisées, qui les utilise et dans quel but. Cela leur permet ensuite d’améliorer les processus, d’ajouter des jeux de données et de partager des exemples de cas d’usage dans l’entreprise. Il est donc essentiel de mettre en place des fonctionnalités de traçabilité des données au sein de leur portail pour suivre l’utilisation de différents actifs data de manière exhaustive. Cette démarche permet de détecter les pistes d’amélioration et de démontrer la valeur des données pour l’entreprise au sens large.
Pour en savoir plus sur et découvrir d’autres bonnes pratiques, consultez notre nouveau guide à l’usage des CDO. Téléchargez votre exemplaire ici.
Les atouts d’une marketplace de données
Pour obtenir des résultats et un réel retour sur investissement, les CDO doivent rendre les données facilement accessibles à tous les utilisateurs dans l’entreprise. Chaque employé, quelles que soient ses compétences techniques ou informatiques, doit pouvoir accéder de manière sécurisée à la même source unique de vérité et utiliser ces données de la façon et dans les formats qui correspondent à ses besoins. Les catalogues de données existants ne fournissent qu’un inventaire technique des métadonnées et ne sont réellement utilisables que par des experts, au lieu d’offrir un point d’accès central aux données à tous les collaborateurs. Il est donc essentiel pour les CDO d’investir dans un portail de données ou une marketplace de données : ce type de plateforme aux utilisateurs une expérience de type e-commerce, s’appuie sur une gestion granulaire des droits d’accès pour garantir une sécurité maximale, et permet aux actifs data d’être facile à découvrir et à consommer à grande échelle. Les portails de données permettent de désiloter l’information et aident l’organisation à devenir réellement data-centric, transformant ainsi les données en valeur pour l’entreprise.
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Encore une question ?
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Le Chief Data Officer est chargé de transformer son organisation grâce aux données, en veillant à ce que celles-ci soient collectées de manière fiable, gouvernées, partagées et utilisées à grande échelle pour générer de la valeur.
Les responsabilités du CDO :
- Assurer la conformité réglementaire avec des lois telles que le RGPD et le CCPA,
- Accroître la consommation de données dans l’entreprise,
- Lancer de nouveaux services basés sur les données,
- Permettre le déploiement d’IA nécessitant des données de haute qualité et accessibles.
Ce rôle exige plusieurs compétences :
- Compréhension des enjeux business,
- Compétences techniques,
- Capacité à gérer le changement,
- Une bonne communication pour acculturer l’entreprise aux données.
Le CDO doit à la fois convaincre la direction de la valeur stratégique des données et inciter les employés à modifier leur façon de travailler avec l’information.
La croissance de ce rôle reflète l’importance stratégique des données : en 2012, seulement 12 % des entreprises du Fortune 1000 disposaient d’un CDO, alors qu’aujourd’hui plus des deux tiers en ont recruté un, et ce chiffre continue d’augmenter.
Les CDOs gagnent également en influence. Désormais, ils sont nombreux à occuper des postes au niveau du conseil d’administration, soulignant le lien direct entre stratégie de données et avantage concurrentiel, ainsi que la dépendance croissante des programmes d’IA générative à des fondations de données robustes et bien gouvernées.
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Les CDOs font face à plusieurs défis, quelle que soit la taille de leur organisations ou leur secteur :
- Manque de temps et de ressources : les CDOs sont sous pression pour produire rapidement des résultats, en particulier autour de l’IA, tout en partant souvent de zéro avec des budgets limités, une qualité de données insuffisante et la nécessité de mettre en place une équipe adaptée.
- Rôle et responsabilités flous : le poste de CDO chevauche celui du CIO, du Chief Digital Officer et, de plus en plus, du Chief AI Officer, créant une ambiguïté sur la responsabilité des initiatives liées aux données et exposant les CDOs à des attentes irréalistes de la direction.
- Contraintes de conformité et de gouvernance : se conformer au RGPD, au CCPA et à d’autres régulations nécessite de réaliser un inventaire complet des données de l’organisation et des processus qui les régissent. Cela mobilise des ressources qui pourraient être dédiées à l’innovation.
- Pression pour démontrer le ROI : la direction sous-estime souvent le travail nécessaire pour rendre les données fiables et utilisables, imposant des délais courts et poussant les CDOs à privilégier des cas d’usage produisant rapidement des résultats visibles.
- Immaturité des données organisationnelles : la plupart des infrastructures de données sont conçues pour des experts techniques plutôt que pour les utilisateurs métiers. Les données restent inutilisées par la majorité des employés ; des barrières culturelles, silos départementaux, accumulation de données, méfiance des employés, amplifient ces limitations techniques.
- Manque de temps et de ressources : les CDOs sont sous pression pour produire rapidement des résultats, en particulier autour de l’IA, tout en partant souvent de zéro avec des budgets limités, une qualité de données insuffisante et la nécessité de mettre en place une équipe adaptée.
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- Fixer des attentes réalistes : s’aligner avec la direction sur ce qui est réalisable à court, moyen et long terme.
- Favoriser la collaboration : construire une stratégie commune impliquant tous les responsables de données.
- Se concentrer sur des cas d’usage spécifiques : générer rapidement du ROI et l’adhésion de tous les départements.
- Automatiser les processus : libérer les équipes pour des tâches à forte valeur ajoutée.
- Construire une stack data efficace : rendre les données accessibles aux non-experts via une data marketplace.
- Voir la gouvernance comme levier business : faciliter un partage de données sécurisé et fluide.
- Former et autonomiser les utilisateurs : data marketplace en libre-service avec visualisations, tableaux de bord et APIs.
- Analyser les usages et améliorer la stratégie en continu : suivre l’utilisation des données pour optimiser les programmes et démontrer le ROI.
- Fixer des attentes réalistes : s’aligner avec la direction sur ce qui est réalisable à court, moyen et long terme.
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Elle résout le problème de consommation des données. En offrant une expérience e-commerce, elle permet une consommation des données à grande échelle par tous.
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Démontrer le ROI des investissements dans les outils data est l’un des défis les plus persistants et politiquement sensibles pour un CDO. Cela provient d’un décalage fondamental entre la manière dont les programmes data créent de la valeur et la façon dont les organisations mesurent habituellement la performance.
L’investissement dans l’infrastructure (construction d’un catalogue, amélioration de la qualité, cadre de gouvernance) génère des retours diffus, lents à matérialiser et souvent invisibles pour les parties prenantes extérieures à l’équipe data. Trois dynamiques spécifiques rendent cette démonstration particulièrement difficile :
- L’absence de couche de consommation : Les organisations ont investi dans la collecte et les outils de catalogage, mais manquent d’une marketplace. De ce fait, ils ne peuvent pas mesurer l’ampleur réelle de l’utilisation de la data, rendant toute quantification de l’adoption impossible.
- Le problème de l’attribution : Lorsqu’un accès à la data permet à un analyste métier de prendre une décision plus rapide ou à une équipe produit de lancer un nouveau service, l’infrastructure data qui a rendu cela possible reçoit rarement le crédit dans les revues de performance.
- La perception de la gouvernance comme centre de coûts : Les dépenses liées à la gouvernance pour la conformité sont très visibles, tandis que leur valeur en termes de réduction des risques reste largement invisible jusqu’à ce qu’un incident survienne.
Les CDOs qui réussissent à relever ce défi du ROI sont ceux qui ancrent leurs programmes avec les défis métiers spécifiques. Ils peuvent ainsi démontrer des résultats mesurables dès le départ en utilisant les métriques de consommation de la marketplace pour documenter la croissance de l’adoption, et communiquent activement sur les cas d’usage et les gains de temps auprès de la direction.
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